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Passeport Biométrique

Un fichier biométrique va regrouper 60 millions de personnes

Un projet entamé et conclu en 2011 va enfin voir le jour, 5 ans après. Il s’agit de la création d’un fichier biométrique unique, intitulé TES « Titres Electroniques Sécurisés », regroupant à la fois le fichier des cartes d’identité et le fichier des passeports.

L’objectif de la mise en place de ce fichier biométrique est d’éviter les fraudes et les usurpations d’identité. Mais à qui est destiné ce fichier ? Qui va pouvoir le consulter ? De manière générale, ce seront les autorités au sens large qui pourront utiliser toutes les informations que comprend le fichier TES c’est à dire la police, la gendarmerie, les renseignements et dans des cas exceptionnels Interpol et les autorités d’États de l’espace Schengen. Autrement appelé fichier des « gens honnêtes » car pour en faire partie, la simple possession d’un passeport ou d’une carte d’identité suffit, il comprend toutes les informations relatives à l’individu comme le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, le sexe, la couleur des yeux, la taille, l’image numérique du visage, des empreintes digitales, de la signature du demandeur et d’autres éléments en fonction des cas (adresse de messagerie, informations sur les parents…).

Cette multitude d’informations ne sera pas conservée indéfiniment puisque toutes les données relatives au passeport seront gardées pendant quinze ans et pour la carte d’identité, pendant 20 ans. En ce qui concerne les mineurs, elle sera de dix ans pour le passeport et quinze ans pour la carte d’identité.

L’utilisation de cette base de données est bien entendu encadrée. A l’heure actuelle, on ne peut se servir de ce fichier pour faire de la reconnaissance faciale automatisée avec des caméras de surveillance par exemple, il n’est possible de comparer les données d’un individu qu’avec celles précédemment inscrites dans le fichier.

La biométrie et son utilisation sont aujourd’hui au cœur des conversations pour assurer la sécurité de chacun. De par son exactitude, car elle permet d’identifier de manière certaine une personne, la biométrie est une véritable source de renseignements capable d’aider dans diverses situations liées à la sécurité de tous. Cependant, il convient de rester prudent quant à son utilisation et sa protection.

Parafe

Attentats de Paris : comment aider les autorités à contrôler les frontières?

Vendredi 13 Novembre, une date de plus à ajouter dans les tristes évènements qui ont touché la France en cette année 2015. Les pires attentats que la France n’ai jamais connu avec son lot de malheur que personne n’aimerait connaître. Face à cette attaque, cette déclaration de « guerre », mot fort employé par le Président de la République François Hollande, des décisions ont été prises, notamment celle d’un renforcement des contrôles aux frontières.

En effet, les frontières sont les premiers lieux de contrôle lorsque l’on veut entrer ou sortir d’un pays et par conséquent, où l’on peut identifier une personne. Aujourd’hui, nous pouvons dire sans trop nous avancer qu’il y a des défaillances lors de ces contrôles aux frontières de Schengen comme en témoigne ces invraisemblables allers-retours effectués par le jihadiste Abdelhamid Abaaoud au sein du continent Européen alors que ce dernier faisait l’objet, selon les médias, d’un mandat d’arrêt international. Autre exemple, celui de Samy Aminour, l’un des tireurs du Bataclan, il fut mis en examen en Octobre 2012 pour « association de malfaiteurs terroristes » et placé sous contrôle judiciaire. Problème, cela ne l’a pas empêché de se rendre en Syrie un an plus tard et de rentrer en France sans alerter les autorités…

Mais comment cela est il possible ? Etant donné que le contrôle aux frontières est quasi inexistant, les jihadistes utilisent régulièrement la méthode du « look-alike ». Le principe est simple, ils échangent leur passeport avec celui d’une personne qui n’est pas recherchée et ne touchent pas à la photo, le but étant de ressembler le plus possible à la photo existante et ainsi passer les frontières sans éveiller le moindre soupçon.

Employer la biométrie à l’échelle européenne serait une solution en adéquation avec les besoins que nécessitent un contrôle aux frontières. Une utilisation simple, rapide et une identification de manière certaine de l’individu. Les aéroports de Paris se sont équipés par exemple du système PARAFE du leader mondial de la sécurité biométrique, Safran Morpho. Ce système demande dans un premier temps le passeport biométrique de la personne puis dans un second de rentrer dans un sas et de s’identifier en apposant son doigt sur un lecteur biométrique. Si le système détecte un problème, les portes du sas restent fermées jusqu’à l’arrivée d’un contrôleur pour un contrôle plus poussé et une éventuelle alerte aux autorités.

biométrie

La biométrie pour remplacer le passeport papier?

Pour voyager dans le monde entier, passer les frontières sans encombre, rien ne peut remplacer le passeport devenu quasiment obligatoire si l’on veut changer de pays. Le passeport est aujourd’hui biométrique mais dans le futur peut-être pourrait-on ne plus avoir besoin de ce support papier pour laisser place uniquement à la biométrie ? C’est ce que l’on peut penser au regard des futurs tests que vont réaliser l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

En effet, ces deux pays de la zone océanique ont le projet de mettre en place un passeport dématérialisé, dans le Cloud. Ainsi, les habitants des deux pays pourront se déplacer de l’un à l’autre sans la nécessité d’avoir un passeport physique car leur identité sera vérifiée grâce à la biométrie. Force est de constater qu’il est toujours embêtant d’avoir sur soi ce document, il ne faut pas l’oublier, il y a la crainte de le perdre ou de se le faire dérober, il faut souvent faire la queue aux postes-frontières des aéroports alors que l’identification biométrique permettrait de résoudre ces problèmes et d’accélérer le traitement des données d’identification.

En 2012, la société française Morpho, leader sur le marché de la sécurité biométrique et filiale du groupe Safran, a mis en place dans les aéroports de Paris et Marseille notamment des SAS appelés PARAFE (Passage Automatisé Rapide Aux Frontières Extérieures) permettant aux voyageurs de passer plus rapidement aux frontières en deux étapes : présenter son passeport biométrique à une borne à l’extérieur du SAS puis à l’intérieur en posant son doigt sur un capteur biométrique.

Dernièrement, le Silicon Angle rapporte que l’Australie et la Nouvelle Zélande vont procéder à des essais pour l’instauration d’un « passeport cloud » où l’identification biométrique suffirait et remplacerait le passeport traditionnel. Si les tests s’avèrent concluants, nous pourrons assister par la suite à une généralisation du procédé sur l’ensemble du globe si toutefois les Etats trouvent un terrain d’entente sur des protocoles communs.

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La biométrie est-elle seulement une tendance ou une technologie incontournable?

A l’heure où de plus en plus de données physiques et virtuelles sont sécurisées par la biométrie, il apparaît légitime de se poser la question effectivement.

La biométrie n’est-elle qu’un simple gadget voué à disparaître ou une véritable technologie sur laquelle on peut et on va devoir s’appuyer dans le futur ?

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, la mesure des caractéristiques propres à chaque individu permettant l’identification d’une personne n’est pas une technologie récente. En effet, même si elle apparait comme une technologie nouvelle aux yeux du grand public, la biométrie a vu le jour il y a déjà  plus de 10 ans avec les PC d’IBM notamment qui étaient équipés de capteur d’empreinte.

 Il faut reconnaître cependant que l’efficacité et la sécurité proposées aujourd’hui par les systèmes biométriques sont de bien meilleure facture qu’à l’époque. Les falsifications des codes chiffrés et par conséquent la montée de l’insécurité ont permis l’émergence de la biométrie.

L’arrivée sur le marché de la téléphonie des Smartphones intégrant la reconnaissance de l’empreinte digitale grâce à un lecteur biométrique discret a vraiment permis de franchir un cap pour les utilisateurs et surtout le grand public. En ce qui concerne les téléphones, il faut noter que l’exploitation de l’empreinte n’est pas exclusive car l’introduction d’un code est toujours nécessaire pour rallumer le téléphone (code PIN), mais c’est déjà un bon début!

Aujourd’hui, tous s’accordent pour dire que les Smartphones ont fortement contribué à la démocratisation des technologies biométriques mais pas seulement. En effet, il y a le standard FIDO, utilisé par les grands noms de l’industrie technologique comme Microsoft avec le dernier Windows 10 et surtout le paiement en ligne qui va dans le futur pousser l’identification par empreinte digitale.

Enfin, et ce dernier point témoigne de la puissance de la biométrie, une très grande majorité des Etats font appel à la biométrie pour contrôler l’accès aux frontières. L’exemple le plus probant est bien évidemment le fameux passeport biométrique. L’un des avantages majeurs de la biométrie est la difficulté de falsification par un hacker, contrairement au code à plusieurs chiffres qui peut être aujourd’hui rapidement déjoué.